Au Liban une école d’orgue au service de la liturgie

03/07/2018
L’orgue aux nombreux tuyaux est le roi des instruments musicaux, le plus grand, qui a la charge dans les églises d’accompagner les liturgies avec solennité. C’est pour cette raison que la Custodie de Terre Sainte, depuis toujours active dans le domaine de l’éducation musicale, porte une attention particulière à l’enseignement de cet instrument, particulièrement à l’Institut Magnificat de Jérusalem. Au Liban, la Custodie de Terre Sainte soutient même le cours d’orgue organisé par l’école de Musique de l’Université Notre Dame, qui a vu le 28 juin dernier les premiers étudiants – les premiers dans l’histoire du Liban – soutenir un examen de niveau, quatre ans après son institution. Comme il n’y a même pas un professeur d’orgue au Liban, l’enseignant vient d’Italie, grâce à la collaboration de l’Institut Italien de Culture de Beyrouth et au soutien du Franciscan Monastery of the Holy Land en Amérique : il s’agit du Pr. Cosimo Prontera, professeur d’orgue au Conservatoire de Potenza.

« Notre objectif – explique Fr. Riccardo Ceriani, Délégué du Custode de Terre Sainte pour la Musique – est de former organistes et maîtres d’orgues, afin d’activer l’enseignement de cet instrument là où il est absent et d’avoir ainsi à disposition des organistes pour le service de nos églises et de nos chorales. Nous récolterons bientôt les premiers fruits en Syrie : grâce à un accord avec la Custodie, deux enseignants du Higher Institute of Music de Damas se sont perfectionnés en fréquentant notre cours au Liban ; l’enseignement de l’orgue pourra donc désormais être réactivé en Syrie. En outre, c’est toute la société civile qui en bénéficie ; et ce, à travers l’élargissement de la sensibilité et du répertoire musical lié à l’orgue, comme le montre le succès du Terra Sancta Organ Festival au Liban, en Syrie et dans tous les autres pays où la Custodie est présente et où il a lieu ».

Au Liban, le promoteur de ce projet est le P. Khalil Rahme, moine maronite, directeur de l’Ecole de Musique de Notre Dame University. « Ce projet n’aurait pas été réalisable sans la collaboration de l’Institut Italien de Culture de Beyrouth (IICB). Il n’est pas seulement question de support économique, mais de vraiment collaborer à notre mission : c’est l’IICB, sur notre invitation, qui a identifié et demandé sa disponibilité au maître Prontera, et cette collaboration s’est poursuivie avec tous les directeurs qui lui ont succédé. Mon rêve est que dans un avenir proche, les paroisses et les églises principales puissent avoir des organistes résidents, avec un engagement de travail, comme en Allemagne, aux Etats-Unis et dans d’autres lieux ».

« Il y a un autre aspect qu’il ne faut pas sous-estimer – reprend Fr. Riccardo – : les orgues à tuyaux sont très chers. Et malheureusement, ils sont également délicats, et si on ne joue pas et qu’on ne les soigne pas, les orgues sont facilement hors usage et perdent leur valeur ; il faut ensuite les restaurer et les coûts sont importants. Avec la dimension liturgique et musicale, il faut donc être conscient que la pratique de l’orgue est un bénéfice pour le patrimoine mobilier de nos églises ».


[frc]

2018/07/03